Aurais-je imaginé que je me trouverais là.. au fond de la campagne normande. Chez vous. Il y a encore quelques semaines je ne connaissais pratiquement rien de vous. Votre prénom. Votre domaine d'activités. Certains de vos voyages. Certains de vos goûts musicaux.

Je vous ai d'abord emmené au lac de D. Me promener avec vous dans la fraicheur de ce dimanche matin m'avait fait tellement de bien. Et tellement mal aussi. Vous aviez eu ce geste.. C'était presque la première fois que nous nous voyions en-dehors d'une ligne ferroviaire. Ce jour-là j'avais placé toute ma confiance entre vos mains. Ce n'était pas peu dire. Vous avez été parfait. Autant dans nos discussions que dans nos silences. Votre douceur me manquait cruellement à la fin de la journée.

Plus tard vous m'avez emmenée à C. Là encore je vous ai fait confiance. J'ignore pourquoi je ne me sentais pas à l'aise en ce lieu. Peut-être à cause de cet autre geste que vous aviez eu. Mais je ne pouvais pas vous le dire. La culpabilité d'être là aussi. Bien sûr.

Plus récemment, il y a eu cette journée grise où je vous ai confié que c'était un temps à regarder un film en buvant un chocolat chaud, un plaid et un chat sur les genoux. Vous m'avez invitée à concrétiser cette envie. Alors j'ai pris ma petite voiture et demandé à Google de me mener à vous. Depuis les musiques du film visionné ensemble ne me quittent plus. Quoi qu'il arrive entre nous vous serez toujours lié à ce film et à ces musiques. Vous serez toujours un doux souvenir. Même si malgré notre relation toujours platonique je me sentais profondément mal en rentrant chez moi le soir.

Et pourtant je suis revenue. Pour un deuxième film. Le temps s'y prêtait! J'adore regarder les films avec vous. Je ne pense à rien d'autre, je me sens juste bien entre vos bras. Mais cette fois-ci nous nous sommes montrés moins sages. Sans vraiment déraper non plus... J'avais tellement envie de vous que j'en avais mal au ventre.

Nous avons vous et moi la certitude que nous serons amants. Pour autant... j'apprécie tellement votre retenue. Votre douceur. Votre respect. Mais cela vous le savez. Peut-être même que vous en jouez. Sûrement un peu. Vous savez exactement comment faire. Quoi et quand. Comment m'avoir. L'expérience et la maturité ? Ou bien êtes-vous naturellement tout cela ?

Que de mystères vous dites. Je ne peux vous avouer mes envies. Je suis amoureuse de vous. Vous le savez très bien.

Mais j'aime l'homme qui partage ma vie. Et dans cette dualité je crains que vous ne souffriez. Pour la premère fois de mon existence mon coeur a de la place pour deux, moi qui ne m'en serais jamais crue capable.