¤ Lueurs étranges ¤

20 avril 2019

J'ai envie. J'ai envie et j'ai craqué. A force de te lire me descendre plus bas que terre je me suis détestée et je n'ai pas résisté. Je suis retournée à ma première drogue. Celle qui me calme. Celle qui transforme les larmes et me fera tenir. Le livreur a sonné. Personne ne m'avait prévenue qu'il se contenterait de déposer en bas. Il refuse de monter et pendant un bref instant j'ai envie de lui exploser la tronche, alors qu'il me regarde et me demande si ça va aller tout en comprenant que non évidemment que non ça ne va pas aller. Je m'en sors parce que malgré ma faiblesse je suis une grande fille. Une fois remontée je me sens horriblement seule. Délaissée plutôt.

L'envie se fait insoutenable maintenant mais je dois partir. Pour ce week-end de Pâques. Sourire et faire semblant, encore, que tout va bien.

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01 mars 2019

Je n'ai jamais été aussi frileuse.
J'ai le sentiment d'usurper une vie.
Comment trouver ma place dans une vie déjà construite ?
Comme on préfère généralement obtenir le premier rôle, on rêve rarement de devenir seconde épouse.

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11 février 2019

11.02.2019

Je suis d'abord agacée par une bande de gamins bruyants et sans gêne. Puis par un groupe de lycéens plaisantant au sujet de leurs révisions pour le bac de français. Alors je me demande ce qui m'agace réellement. Le bruit qu'ils font, indifférents à ceux qui les entourent, ou bien leurs rires et leur insouciance ? Ils représentent, chacun leur tour, tout ce que je ne suis plus. Devant eux s'ouvre le champ des possibles ; je leur envie cette liberté, moi qui me sens asphyxier dans la vie que j'ai tracée, moi qui rêve de déménager à 2 heures de là, qui voudrais faire de mes jours une succession de folies, moi qui doute de pouvoir aimer le même homme toute une vie, qui doute même qu'un seul homme me suffise. Il y a ce que je voudrais être, accomplir sur le papier, probablement influencée par la société, les modèles admis, et puis il y a ce que je ressens profondément ; les deux sont en conflit permanent.
Je les envie, à l'aube de leur vie adulte, à cette tranche de vie où tout, absolument tout et tous les choix semblent permis.

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30 novembre 2018

11-12.2018

Je me réveille bien trop tôt. Je sais que le sommeil ne reviendra pas, alors je me dirige vers la gare. Pour ne pas te voir. Je suis ta princesse. Je prends le temps de marcher jusqu'à mon travail. Mes yeux brillent. Dans la nuit cela ne se voit pas. Je n'ai jamais voulu être une princesse. Juste une femme aimée et respectée. Entendue et soutenue. Tu n'as rien compris. Je pleure à mon amour évanoui.

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22 juillet 2018

Je n'attends qu'une chose, prendre la route. Reprendre l'autoroute à une heure où les parisiens seront passés, être seule dans ma voiture et pleurer. 

A l'avenir je saurai. Quand on n'a pas vécu quelque chose, on ne sait pas. Je ne savais pas. Je ne me rendais pas compte que je mettais le doigt dans l'engrenage. J'ai mis un coup de pied dans la fourmilière. J'ai cru que j'en avais besoin, que je m'étais trompée. Quand me suis-je trompée exactement ? Telle est la question qui tourne en boucle. Me suis-je trompée il y a 4 ans ou bien est-ce maintenant ? Ni l'un ni l'autre ? 

Les dimanches ensoleillés ici me rappellent P. Il me manque, P. Souvent. Je l'ai puni d'avoir mûri moins vite. Je l'espère heureux. Je suis juste nostalgique. J'ai toujours regretté de ne pas avoir eu l'occasion de lui rendre un peu de tout ce qu'il m'avait donné. Je garde une grande estime pour lui. J'espère être devenue meilleure. Je ne sais plus.

J'avais tout. Pour une fois j'avais tout. 

Comment expliquer cela. Je sais qu'on a tout mais il me manque quelque chose, tu comprends ? Bien sûr que non tu ne comprends pas. Et moi non plus. Dans le fond j'aurais juste voulu que tu sois plus sensible. Que tu aies plus d'empathie. Je t'aurais pardonné plus aisément ton impolitesse et ton égoïsme à certaines occasions. J'aurais voulu que tu t'intéresses. Que lorsqu'on allait à Giverny tu t'exaltes devant la beauté du lieu plutôt que de râler après la chaleur. Que lorsqu'on se baladait dans Himeiji tu sois heureux de découvrir au lieu de te montrer désagréable parce que tu craignais de te perdre. J'avais besoin d'enthousiasme.
 

Voilà, c'est de là que tout est parti. Tu m'as mal parlé une fois de plus. Ce matin-là j'ai pété un plomb parce que je n'ai plus supporté ton pessimisme et ton attitude toujours plus négative. J'ai suffoqué. Et depuis ce matin-là je nen peux plus de suffoquer.
 

J'aimerais revenir en arrière. Je voudrais de toutes mes forces. Mais je n'y arrive pas. Et les souvenirs reviennent, ceux que j'ai enfouis au début. Tu ne sauras jamais mon histoire. Parce que je sais que tu ne la comprendrais pas.

Et de l'autre côté de la voie il y a cet homme. Cet homme qui me protège quand je n'ai rien demandé.
J'étais mal. J'ai tremblé dans ses bras une fois. Ce matin où je me suis demandé si tu serais capable de violence. J'ai quitté l'appartement, j'ai roulé, je me suis arrêtée quelque part. Et quand je suis revenue quelques heures plus tard j'ai dit que je voulais partir.

Tu t'es calmé depuis. Tu es même redevenu gentil. De l'eau a coulé sous les ponts. Pourtant je n'arrive pas. A avoir envie de toi. 

Parce qu'être à côté de lui me rassure. Sa présence m'apaise comme m'apaisait celle de P. J'ai confiance en lui. Entièrement.

J'ai tellement peur de m'être trompée de vie.

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