¤ Lueurs étranges ¤

22 juillet 2018

Je n'attends qu'une chose, prendre la route. Reprendre l'autoroute à une heure où les parisiens seront passés, être seule dans ma voiture et pleurer. 

A l'avenir je saurai. Quand on n'a pas vécu quelque chose, on ne sait pas. Je ne savais pas. Je ne me rendais pas compte que je mettais le doigt dans l'engrenage. J'ai mis un coup de pied dans la fourmilière. J'ai cru que j'en avais besoin, que je m'étais trompée. Quand me suis-je trompée exactement ? Telle est la question qui tourne en boucle. Me suis-je trompée il y a 4 ans ou bien est-ce maintenant ? Ni l'un ni l'autre ? 

Les dimanches ensoleillés ici me rappellent P. Il me manque, P. Souvent. Je l'ai puni d'avoir mûri moins vite. Je l'espère heureux. Je suis juste nostalgique. J'ai toujours regretté de ne pas avoir eu l'occasion de lui rendre un peu de tout ce qu'il m'avait donné. Je garde une grande estime pour lui. J'espère être devenue meilleure. Je ne sais plus.

J'avais tout. Pour une fois j'avais tout. 

Comment expliquer cela. Je sais qu'on a tout mais il me manque quelque chose, tu comprends ? Bien sûr que non tu ne comprends pas. Et moi non plus. Dans le fond j'aurais juste voulu que tu sois plus sensible. Que tu aies plus d'empathie. Je t'aurais pardonné plus aisément ton impolitesse et ton égoïsme à certaines occasions. J'aurais voulu que tu t'intéresses. Que lorsqu'on allait à Giverny tu t'exaltes devant la beauté du lieu plutôt que de râler après la chaleur. Que lorsqu'on se baladait dans Himeiji tu sois heureux de découvrir au lieu de te montrer désagréable parce que tu craignais de te perdre. J'avais besoin d'enthousiasme.
 

Voilà, c'est de là que tout est parti. Tu m'as mal parlé une fois de plus. Ce matin-là j'ai pété un plomb parce que je n'ai plus supporté ton pessimisme et ton attitude toujours plus négative. J'ai suffoqué. Et depuis ce matin-là je nen peux plus de suffoquer.
 

J'aimerais revenir en arrière. Je voudrais de toutes mes forces. Mais je n'y arrive pas. Et les souvenirs reviennent, ceux que j'ai enfouis au début. Tu ne sauras jamais mon histoire. Parce que je sais que tu ne la comprendrais pas.

Et de l'autre côté de la voie il y a cet homme. Cet homme qui me protège quand je n'ai rien demandé.
J'étais mal. J'ai tremblé dans ses bras une fois. Ce matin où je me suis demandé si tu serais capable de violence. J'ai quitté l'appartement, j'ai roulé, je me suis arrêtée quelque part. Et quand je suis revenue quelques heures plus tard j'ai dit que je voulais partir.

Tu t'es calmé depuis. Tu es même redevenu gentil. De l'eau a coulé sous les ponts. Pourtant je n'arrive pas. A avoir envie de toi. 

Parce qu'être à côté de lui me rassure. Sa présence m'apaise comme m'apaisait celle de P. J'ai confiance en lui. Entièrement.

J'ai tellement peur de m'être trompée de vie.

Posté par Ida_P à 18:51 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

19 mars 2018

Une conversation amoureuse.. (2)

Et puis un jour vous m'avez rejointe à S.A. Nous avons dérapé encore un peu plus.

Je suis revenue pour un 3e film, dont je n'ai pas retenu grand-chose.. là, je ne pouvais plus me dire que je ne faisais rien de mal. 

Alors, quitte à être coupable.. il y a eu ces deux we passés chez vous. Une pause magnifique. 

Vous êtes un amant exceptionnel. Au départ, je m'étais dit que, après avoir consommé, je parviendrais à vous oublier. Il n'en a rien été. J'ai envie de revenir encore et encore.

Avec vous j'ai retrouvé des sensations que je pensais ne plus jamais connaître. J'ai découvert et appris des choses sur moi, sur mon corps, là où je croyais avoir fait le tour de la question. 

De façon très étonnante, vous m'avez toujours inspiré confiance. Aucun signal d'alarme ne s'est jamais déclenché. J'ai toujours une envie monstrueuse de vous. Et je sens que nous pouvons aller plus loin.. Notre relation a pris une tournure surprenante. Vous avez voulu jouer.. et j'aime jouer. 

C'est comme si j'avais retrouvé ma sexualité. La vraie. Je me sens vivre.

Et même si je fais quelque chose de moche, j'ai presque l'impression de ne pas tromper l'autre.. je le protège à ma manière. Je l'aime quand même. Simplement je prends ailleurs ce qu'il ne me donnera jamais. Est-ce si mal ? 

Le véritable problème, c'est que vous n'êtes pas qu'un amant exceptionnel. J'apprécie énormément de ce que vous êtes. Je sais que vous ne vous contenterez pas de cela. Et je sais que bientôt je devrai faire des choix.

Posté par Ida_P à 11:51 - Commentaires [0] - Permalien [#]
11 février 2018

Une conversation amoureuse..

Aurais-je imaginé que je me trouverais là.. au fond de la campagne normande. Chez vous. Il y a encore quelques semaines je ne connaissais pratiquement rien de vous. Votre prénom. Votre domaine d'activités. Certains de vos voyages. Certains de vos goûts musicaux.

Je vous ai d'abord emmené au lac de D. Me promener avec vous dans la fraicheur de ce dimanche matin m'avait fait tellement de bien. Et tellement mal aussi. Vous aviez eu ce geste.. C'était presque la première fois que nous nous voyions en-dehors d'une ligne ferroviaire. Ce jour-là j'avais placé toute ma confiance entre vos mains. Ce n'était pas peu dire. Vous avez été parfait. Autant dans nos discussions que dans nos silences. Votre douceur me manquait cruellement à la fin de la journée.

Plus tard vous m'avez emmenée à C. Là encore je vous ai fait confiance. J'ignore pourquoi je ne me sentais pas à l'aise en ce lieu. Peut-être à cause de cet autre geste que vous aviez eu. Mais je ne pouvais pas vous le dire. La culpabilité d'être là aussi. Bien sûr.

Plus récemment, il y a eu cette journée grise où je vous ai confié que c'était un temps à regarder un film en buvant un chocolat chaud, un plaid et un chat sur les genoux. Vous m'avez invitée à concrétiser cette envie. Alors j'ai pris ma petite voiture et demandé à Google de me mener à vous. Depuis les musiques du film visionné ensemble ne me quittent plus. Quoi qu'il arrive entre nous vous serez toujours lié à ce film et à ces musiques. Vous serez toujours un doux souvenir. Même si malgré notre relation toujours platonique je me sentais profondément mal en rentrant chez moi le soir.

Et pourtant je suis revenue. Pour un deuxième film. Le temps s'y prêtait! J'adore regarder les films avec vous. Je ne pense à rien d'autre, je me sens juste bien entre vos bras. Mais cette fois-ci nous nous sommes montrés moins sages. Sans vraiment déraper non plus... J'avais tellement envie de vous que j'en avais mal au ventre.

Nous avons vous et moi la certitude que nous serons amants. Pour autant... j'apprécie tellement votre retenue. Votre douceur. Votre respect. Mais cela vous le savez. Peut-être même que vous en jouez. Sûrement un peu. Vous savez exactement comment faire. Quoi et quand. Comment m'avoir. L'expérience et la maturité ? Ou bien êtes-vous naturellement tout cela ?

Que de mystères vous dites. Je ne peux vous avouer mes envies. Je suis amoureuse de vous. Vous le savez très bien.

Mais j'aime l'homme qui partage ma vie. Et dans cette dualité je crains que vous ne souffriez. Pour la premère fois de mon existence mon coeur a de la place pour deux, moi qui ne m'en serais jamais crue capable.

Posté par Ida_P à 11:10 - Commentaires [0] - Permalien [#]
24 novembre 2017

Qu'un chagrin d'amour.

Alors je vais devoir vous éviter. Vous croiser le matin sera une torture. Je ferai en sorte de dévaler les escaliers ou bien au contraire de prendre du retard pour ne pas avoir à vous dire bonjour en prime. Quand je prendrai du retard je vous apercevrai inévitablement devant moi. J'aurai mal.

Un scénariste n'aurait pas mieux fait.

Comme je vais me sentir seule dans le sous-terrain de la gare Saint Lazare. Comme je vais me sentir triste en descendant la rue de Rome. Sans vous. Sans votre ombre dans mon sillage. Comment, après vous avoir résisté tous ces mois, ai-je pu plonger si vite. N'ai-je donc rien appris ?

Ce n'est qu'un chagrin d'amour. Un chagrin irrationnel. Mais putain que j'ai mal pour l'instant.

Posté par Ida_P à 22:40 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

Lettre d'adieu, à l'inconnu.

"Vous êtes un homme intelligent. Vous avez déjà compris comme moi qu'il est plus raisonnable que nous retournions chacun à nos vies. Avant que tout ne soit trop douloureux. 

(...) J'ai toujours été trop entière.

Pour ne plus avoir mal je me dirai que ce n'était que chimie, qu'avec votre expérience et votre maturité je ne me serais jamais sentie digne de vous, et que je ne vous aurais de toute façon rien apporté.

Je ne sais pas si je dois aller jusqu'à vous remercier mais l'espace d'une semaine j'aurais eu l'impression d'exister.

Je vous souhaite le meilleur pour l'avenir et vous embrasse, si vous le permettez."

Ne pas être disponible ne vous empêchait pas de dormir la nuit. Moi si. Je crois que je dois me rendre à l'évidence, je ne sais pas séparer les sentiments de la chair.

A la lecture de vos mails je me suis garée, j'ai pleuré un moment et j'ai rédigé ce message d'adieu.

Ne jugez pas ma vie. Vous n'en connaissez rien.

Adieu.

Posté par Ida_P à 15:46 - - Commentaires [1] - Permalien [#]